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Thursday, 17 November 2016 00:00

Plus de logistique, pour de meilleurs circuits de distribution

La logistique est le nerf vital de l'économie. Elle permet, entre autres, d'accompagner la distribution jusqu'au client final. Notre économie souffre d'énormes carences dans la distribution.

Faute de vrais professionnels ou de très peu nombreuses PME, nos industriels sont au four et au moulin. Parce qu'ils ne trouvent pas de partenaires fiables ou par peur de déléguer, mais aussi à cause de diverses préoccupations opérationnelles, ils s'occupent de tout. De la production à la vente directe, indirecte, le transport, la gestion de l'après-vente, etc. Cela fonctionne très bien, dans certains cas, mais souvent ces métiers ne sont pas forcément maîtrisés, par des entreprises dont la vocation première est la production. Sur le terrain, cela se traduit par un manque de disponibilité des produits, donc des pertes de parts de marché et des clients insatisfaits. Parce que la défaillance des circuits de distribution engendre toujours des surcoûts et qu'en bout de course ce sont les revendeurs, eux-mêmes, qui contrôlent la distribution, et souvent la spéculation.

Les producteurs en sont conscients, notamment dans les secteurs de l'agroalimentaire où la distribution est très sensible. Ils savent que l'externalisation des différentes branches qui entrent dans le processus et le développement de la grande distribution sont les seules solutions à même de leur permettre une maîtrise parfaite et un assainissement des circuits.

En décortiquant les différentes composantes de la distribution, on comprend mieux le rôle de chacun; les industriels produisent, le distributeur s'occupe de vendre le produit, son métier consiste à tisser des réseaux commerciaux pour écouler la production et trouver sans cesse de nouveaux clients. Pour cela, le distributeur, dont le métier est la vente, doit s'appuyer sur un logisticien qui l'accompagne de bout en bout. Le logisticien se charge du pré et post-acheminement des marchandises, à partir de sites de productions nationaux ou internationaux. Il gère le stockage et les flux, effectue les transferts nécessaires, soit pour la vente directe ou vers d'autres sites de distributions sur l'ensemble du territoire ou à travers des hubs qui couvrent d'autres régions de la planète, pour le commerce mondial.

Vecteur d'équilibre économique

Les avantages de l'externalisation par les producteurs ne sont plus à démontrer. Les logisticiens savent optimiser les mécanismes à tous les niveaux. En massifiant les flux, fluidifiant les échanges en exploitant et communiquant l'information en temps réel, en créant des synergies et des interconnexions, ils savent réduire et maîtriser considérablement les coûts.

Une "supply chain" maîtrisée offre toujours plus de dynamisme et d'efficacité au commerce. Elle est un réel vecteur d'équilibre économique. Son intégration dans la distribution est impérative, si nous voulons organiser notre marché et en finir avec l'informel.

Toutefois, comme beaucoup de choses, cela ne se décrète pas, il ne suffit pas d'en parler. Les professionnels de ce secteur manquent, mais pas seulement. Pour accompagner la distribution, les entreprises spécialisées dans la logistique doivent pouvoir s'appuyer sur des plateformes situées dans des points stratégiques, afin de suivre les industrielles et couvrir l'ensemble du marché. Si certaines entreprises sont capables d'exporter une partie de leurs productions, elles doivent pouvoir s'adosser à des hubs logistiques, gérés par des spécialistes au niveau des ports et des frontières.

L'absence du foncier, ou sa mauvaise gestion, paralyse toutefois toutes les initiatives et freine les ambitions de ces très peu nombreux acteurs. Pire, les projets d'entrepôts et de bases logistiques ne sont pas considérés par le CALPIREF (Comité d'Assistance à la Localisation et à la Promotion des Investissements et de la Régulation du Foncier, ndlr), organisme qui octroie les assiettes foncières aux entreprises, comme prioritaires et producteurs de richesses, alors que dans le monde entier, ce secteur, transport inclus, emploi a lui seul prés de 10% de la population active, qu'il contribue à l'essor de l'économie mondiale et constitue une activité industrielle à part entière. Nous parlons, aujourd'hui, d'industrie de la logistique, avec toutes les technologies avancées et ressources humaines que cela implique.

La logistique urbaine n'est pas en reste. Les distributeurs en sont les principaux utilisateurs. Au moment où dans les grandes métropoles du monde entier, la créativité des logisticiens ne cesse d'être fertile -livraison en vélo, drone et autres moyens innovants pour concilier respect de l'environnement et charges, toujours plus élevées en milieu urbain-, le coût du "dernier kilomètre", dans notre pays, et l'un des plus hauts de la région. Il représente plus de 35% du coût logistique globale.

Trop élevés, parce que, là aussi, les entreprises n'intègrent pas suffisamment de logistique et ne font pas systématiquement appel à des professionnels. Trop élevés, parce que les pouvoirs publics n'intègrent pas assez, ou pas du tout, la logistique urbaine dans la politique de la ville. Alimenter le commerce en flux tendus nécessite l'implantation de centres logistiques urbains, l'aménagement de zones de livraisons, etc. Et sans mesures incitatives, pour agir sur les coûts du foncier et sa disponibilité, les professionnels, seuls, n'y parviendrons pas.

La logistique est un facteur de dynamisme pour les entreprises et plus globalement un pole de développement économique. Cela mérite de s'y intéresser si nous voulons développer l'export, le e-commerce et tous les autres secteurs d'activités. Pourvoyeur d'emplois, il permettra de créer des milliers d'emplois, lorsque nous savons que le secteur contribue à plus de 6 % du PIB mondial, avec une valeur totale des opérations logistiques de plus de 10% du commerce mondial.

En 2012, nos voisins marocains étaient au top 50 des pays les plus performants en logistique, notamment grâce au projet Tanger Med . En 2014, l'indice de performance logistique, fourni par la Banque Mondiale, positionne l'Algérie à la 96e place sur 160 pays. L'espoir est encore permis.

 

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